L’émergence des test QI

Le test de QI est un instrument clinique d’administration individuelle pour l’évaluation de l’intelligence. Seuls les psychologues et les neuropsychologues peuvent le faire passer. Il permet de représenter le fonctionnement intellectuel dans des domaines cognitifs spécifiques par des notes dites « composites » et il fournit également une évaluation de l’aptitude intellectuelle générale grâce à une note composite d’échelle Totale : le QI.

On distingue :

  • le QI classique (ou « en âge mental »). C’est le rapport entre l’âge « mental » que donne le résultat du test sur l’âge réel, multiplié par 100. Ainsi un enfant de 10 ans montrant les mêmes résultats que la moyenne des enfants de 12 ans a « douze ans d’âge mental » et un QI de 120 = (12 / 10) à 100. Conçu pour détecter et aider les enfants en difficulté, il n’a plus vraiment d’utilité pour un adulte1 ;
  • le QI par rang ou QI standard qui correspond au rang auquel se situe une personne relativement à une population représentée par une loi normale (Courbe de Gauss). Il ne s’agit pourtant que d’une approximation.

Wechsler a construit ce test à partir de l’hypothèse que l’intelligence est une entité globale. “L’intelligence est la capacité de l’individu à agir de manière appropriée, à penser rationnellement, et à s’adapter efficacement à son environnement”. L’intelligence est testée par l’évaluation de tout un ensemble de domaines variés comme la compréhension verbale, le raisonnement abstrait, l’organisation perceptive, le raisonnement quantitatif, la mémoire, la vitesse de traitement.

Peu de psychologues énoncent à l’enfant et à ses parents une note de QI. Il s’agit plutôt de qualifier la position du sujet par rapport à la moyenne des enfants de son âge. La moyenne a pour valeur 100. S’il se situe entre 90 et 110, on le qualifie de « moyen ». Entre 80 et 90, on le qualifie de « moyen faible ». Entre 70 et 80, on le qualifie de « limite ». En dessous de 70, on le qualifie de « très faible ». Entre 110 et 120, on le qualifie de « moyen fort ». Entre 120 et 130, on le qualifie de « supérieur ». Au dessus de 130, on le qualifie de « très supérieur ». La précocité est généralement repérée par rapport à une homogénéité des notes dans les divers domaines se situant au dessus de 135.

Les tests sont en effet étalonnés lors de leur conception pour que les résultats suivent une courbe à peu près en cloche, pour laquelle toutefois rien n’autorise à parler directement de courbe de Gauss.

La moyenne du QI standard est fixée à 100 pour des raisons historiques. L’écart type à 15 est arbitraire, mais il correspond à un écart probable de 10, ce qui veut dire qu’entre un QI de 90 et de 110, il y a 50 % de la population. Pour les psychologues américains “un individu sur deux est normal”, donc entre 90 et 110 se situe la zone de normalité. Cela crée bien sûr la confusion avec le QI Classique, entre 90 et 110 se situe la normalité, mais dans le cas du QI Classique, il s’agit de 10 % d’avance ou de 10 % de retard. Un QI classique de 90 à 110 et un QI standard de 90 à 110 ne signifient pas la même chose.
On remarque qu’un QI normal ne répond pas du tout à la même définition qu’une acuité visuelle normale qui ne se mesure pas, elle, à la moyenne des acuités visuelles, mais bien à celle qui est quasi maximale (notée autrefois 10, puis aujourd’hui 12).

Le QI obtenu dépend bien évidemment du type de test utilisé : un QI de 115 dans un test par rang avec moyenne de 100 et écart type de 15 correspond à un QI de 124 dans un autre test par rang avec moyenne de 100 et écart type de 24. Par convention, quand aucune autre précision n’est apportée, le QI considéré est le QI Standard (M=100, SD=15). Tous ne respectent pas cette convention (Mensa impose pour cette raison des seuils différents selon que l’évaluation est en test de Stanford-Binet ou de Cattell).
Le test dépend d’une plus ou moins grande familiarité préalable avec les notions utilisées par le test ; c’est pourquoi il est bon lorsqu’on échoue à un test de le retenter quelques mois après. Comme pour le saut à la corde, l’entraînement permet de mieux approcher ses limites réelles, sans permettre (par définition même de ce qu’est une limite) de les dépasser.